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 La tortue mauresque (Testudo graeca)

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sylve

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MessageSujet: La tortue mauresque (Testudo graeca)   Jeu 14 Jan 2010 - 21:57



Tortue mauresque
Nom latin: Testudo graeca ssp.. Linné, 1758

Répartition géographique

Afrique du nord (Maroc, Algérie, Tunisie et Libye), sud de l’Espagne, îles Baléares, Sardaigne, Sicile.

Biotope naturel

Vallées encaissées et plaines à végétation rase.

Caractéristiques

Testudo graeca est de taille moyenne, elle ne dépasse pas les 300 mn de longueur pour un poids corporel n’atteignant pas les 3 kgs. Les caractéristiques les plus spécifiques sont l’écaille supracaudale non divisée et la présence d’un éperon sur les cuisses.

Supracaudale non divisée


Ergots derrière les cuisses

La dossière est bombée et de couleur jaunâtre à verdâtre avec des marques noires irrégulières en forme de « frise grecque » ce qui lui a valu son nom de « tortue grecque » qui n'a rien à voir avec son aire de répartition! Il ne faut donc pas les confondre avec les tortues qu'on peut retrouver en Grèce telle l'Eurotestudo boettgeri et la Testudo marginata. Les mâles sont plus petits et présentent un plastron postérieurement concave, une queue plus longue et grosse et une plaque supracaudale incurvée vers l’extérieur. La coloration est variable. Le plastron présente des taches noires très irrégulières sur un fond clair. La tête est tachetée de noir et de jaune.

La taxinomie de cette espèce est sujette à caution. Six sous espèces sont conservées mais une révision du genre peut intervenir:

Arrow T. graeca graeca : au nord et au centre du Maroc, Algérie et sud de l’Espagne.

Arrow T. graeca soussensis (Pieh, 2004): dans la vallée de Souss (Maroc) du sud ouest Marocain et sans doute autour de Ouarzazate. Elle se distingue par un sillon interpectoral court par rapport au sillon interfémoral, par une troisième vertébrale courte chez les mâles et une pigmentation sombre plus diffuse sur fond jaunâtre. Certains spécimens ne présentent pas d’ergots sur les cuisses. Les femelles peuvent atteindre 249 mm.

Arrow T. graeca nabeulensis (Highfield, 1990) : en Tunisie et à l’ouest de la Libye. Elle a une dossière en dôme prononcée et une petite taille de 180 mm maximum. La cinquième vertébrale présente souvent un dessin en « forme de Tarentule ». Les gulaires sont larges et élevées.
Certains taxonomistes la considèrent comme une espèce distincte, soit Furculachelys nabeulensis, en raison d’une structure osseuse différente des Testudo graeca( Highfield, 1990)

Arrow T. graeca cyrenaica (Pieh et Perälä, 2002) est parfois considérée comme sous espèce ou alors comme espèce distincte. Selon le livre « toutes les tortues du Monde » elle est notée au rang de sous espèce. Elle se trouve en cyrénaique jusqu’à El Adem, au nord – Est de la Libye. Elle ne dépasse pas les 200 mm et se distingue par des membres antérieurs très sveltes, une carapace étroite, une zone de contact entre marginales et costales irrégulières comme « dentelée », des marginales arrière très dentelées vers le haut et des marques noires irrégulières, avec des traits vagues et des dessins fragmentés, sur fond orangé à beige.

Arrow T. graeca marokkensis (Pérälä,2004) se trouve à Tarmilete au centre du Maroc. Sa carapace est plus basse que celle de l’espèce nominale, avec une bordure marginale particulièrement développée chez le mâle ; la dossière est typiquement rayonnante noire sur un fond jaune pâle à ocre. La plus grande femelle : 237 mm ; plus grand mâle :174,5 mm.

Arrow T. ggraeca lamberti ( Pieh et Perälä,2004) : carapace relativement allongée avec une bordure marginale nettement retroussée, ornementation sombre, peu contrasté chez l’adulte, composées de taches noirâtres diffuses et de fines stries noires sous fond brunâtre. Plus grande femelle : 214 mm, plus grand mâle: 197,5 mm.
Ce taxon pourrait correspondre (mais les écrits scientifiques sont peu nombreux et très peu étayés) au taxon nord marocain.



taxon nord marocain appelé communément "du rif marocain"



Maintenance

Les graeca appartiennent au grand groupe des tortues terrestres méditerranéennes. Elles se maintienent en extérieur toute l’année dans notre région du Sud avec une hibernation protégée pour les taxons hibernant. Cette espèce nécessite un passage en terrarium ou enclos intérieur dans les régions du nord à l’automne et au printemps pour les taxons qui hibernent et tout l’hiver pour les taxons n’hibernant pas.

Reproduction

Les mâles sont souvent agressifs avec les femelles, ne les laissant jamais en paix. C’est pour cette raison que je les sépare la plus grande partie du temps en les mettant en contact pour la reproduction lors de belles journées d’automne et de printemps. Les pontes commencent au mois de mai avec très souvent trois pontes pouvant aller jusqu'à 7-8 œufs chacune. Certains taxons de T graecas plus grands que mes tortues, peuvent pondre jusqu'à 12 œufs.

photos juvéniles Testudos graecas


De gauche a droite taxon soussensis, taxon nord marocain, taxon du "rif marocain"


plastrons

Maladies et soins

Cette espèce habituée au climat chaud et sec du Maghreb a parfois du mal à s’adapter à notre climat de France. Les coups de froid avec des excès d’humidité provoquent chez elle des maladies respiratoires qui peuvent rester bénignes (rhinites simples) ou s’aggraver et provoquer la mort de l’animal (pneumonies foudroyantes). Cette espèce est aussi très sensible aux vers qui les fragilisent énormément.

Les rhinites au printemps ou à l'automne sont assez fréquentes, elles sont dues principalement à des coups de froid brutaux associés à une forte humidité.

C’est pour cette raison qu’il faut prendre des précautions particulières vis-à-vis de cette espèce plus fragile que les E. hermanni (vermifugation, hibernation au sec). Elles doivent être maintenues dans des enclos séparés des autres espèces pour éviter à celles-ci d’être contaminées en cas de maladies.

Mes mini serres de jardin ou châssis maraîchers sont très utiles en cas de pluies lors des intersaisons, elles permettent aussi d’augmenter la température à l’intérieur du châssis ce que ces tortues venant de pays plus chauds, apprécient considérablement. Les juvéniles de cette espèce sont aussi beaucoup plus fragiles que ceux de E. hermanni.

Risques d'hybridation

Les T. graeca s'hybrident entre ses différentes sous espèces et également avec les T. ibera.

Protection

Annexe II CITES- Annexe A UE.
Jusqu'à leur protection lors de la convention de Washington (en 1976 en France), ces tortues étaient vendues dans les poissonneries et animaleries. C’est la première tortue à avoir été interdite à la vente à la suite d’une intervention d’une association. Les gouvernements des pays du Maghreb ne mettent pas en application les conventions CITES qu’ils ont pourtant signées et ces tortues sont hélas toujours ramassées et vendues dans des souks, ce commerce dépeuplant leur propre pays de sa faune autochtone.


Dernière édition par sylve le Lun 18 Jan 2010 - 21:07, édité 5 fois
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